575 - Revue de haïku

Revue trimestrielle de et autour du haïku.

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Editorial
Meriem Fresson (France)

La madeleine dans l'eau de la mare : ondes de choc

L'odeur de la madeleine persiste depuis le [http://575.tempslibres.org/aphp/page1.php?page=v03n1 | premier numéro du troisième volume] de la revue (équinoxe de printemps 2009) et je me réjouis de voir que des réflexions entamées dans de précédents numéros trouvent un prolongement dans les suivants : Monika Thoma-Petit et anna se proposent dans [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p18 | Je me souviens] de vous faire partager leurs échanges inspirés du I remember de Joe Brainard. Loin de l'image d'Épinal, la madeleine y est parfois bien amère. Dans le haïbun d'Hélène Boissé sur l'ouragan au nom si séducteur, [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p11 | Katrina], c'est la mémoire collective qui vient rencontrer les souvenirs personnels.

Puisque nous évoquons les récurrences et échos, ce numéro sera également l'occasion d'introduire une nouvelle rubrique dans la section haïbun, qui isolera (c'est important la possibilité d'une île) les « arts poétiques et témoignages d'écritures ». En effet les textes des haïjins reviennent avec la constance de la marée sur leurs pratiques ou leurs programmes d'écriture. Ce n'est pas une caractéristique propre au haïbun, preuve en est par exemple que ''575 ''y a déjà consacré une rubrique d'articles hors de la section haïbun, mais il semble tout de même que la prose soit un moyen privilégié pour parler de ce vécu de l'écriture. Surfons donc sur la déferlante.

Les limites du genre continuent à être interrogées, signe de sa vitalité, dans le [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p13 | Vrai faux haïbun] d'André Cayrel. Rythmé par l'anaphore implacable du « quartier d'affaires » qui lui sert de décor et de thème, ce texte nous rappelle le potentiel démesuré du haïbun urbain. Le haïbun de Claire Gardien, qui nous parle de [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p19 | lumière dans le haïku] , s'inscrit dans ce retour sur ce que sont, et ce qui permettent, le haïku et les formes qui lui sont liées. Croyant ne parler que de haïku, l'auteur ne parle-t-elle pas de haïbun lorsqu'elle évoque un « petit journal » ? Les kyôbuns (note 1) envoyés régulièrement par Daniel Py s'inscrivent tout naturellement dans la nouvelle catégorie, il nous en livre deux dans ce numéro : [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p10 | Kyôbun domestique][http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p10 | ]et [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p09 | Quelques pistes pour un haïku sec]. Des textes comme [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n1p24 | Cueillir le haïku], de Monique Merabet (vol. 2 n° 1, équinoxe de printemps 2008) ou [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n2p17 | Pastiche du dimanche], de Thierry Casasnovas (vol. 2 n° 2, solstice d'été 2008), auraient enfin pu trouver une juste de place dans cette rubrique.

Le haïbun a d'abord été voyageur et intime, plusieurs auteurs ont su s'en souvenir. Avec Georges Friedenkraft, la sente nous mène au sud pour un voyage érotique exotique... homérique ? Restons dans l'hémisphère sud pour accompagner isabel Asúnsolo, [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p24 | onze jours] durant, sur l'île de la Réunion. Elle y a reçu un accueil chaleureux, qu'elle retranscrit avec les mots entendus là-bas, couleur rouge flamboyant, jaune amaryllis, vert fougère. Après [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n1p03 | l'oeuvre de Rothko] , André Cayrel se penche quant à lui sur les photographies de [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p12 | Steve McCurry] . À des centaines de kilomètres de l'Asie, la vie imite l'art, la vie imite la vie, deux mendiantes se regardent dans les yeux, à travers les nôtres.

Nous accueillons pour finir les textes de Michel Berthelin, qui constituent sa première contribution à ''575''. L'auteur est sensible à la poésie des [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p14 | voyages en train] , au passage du temps vers [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p22 | la nuit], au passage aussi du [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p21 | milieu de la vie] , au cher [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p15 | fardeau de nos angoisses]ou encore aux paroles des chansons d'Édith Piaf et à la musique d'autres oiseaux. Il m'a semblé d'autant plus intéressant de vous présenter son texte[http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p23 | La Chanson et le randonneur][http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p23 | ]qu'il utilise un procédé évoqué par Jim Kacian dans [http://575.tempslibres.org/docs/v03n2Kacian.pdf | l'entretien traduit] dans le dernier numéro de notre revue (p. 4). Les textes choisis, aux tonalités diverses, vous entraîneront je l'espère dans ses univers variés : bien d'autres restent à découvrir.

La suite au prochain numéro !

Bonne lecture et très joyeuses fêtes à tous !

Meriem Fresson

Note 1: Voir ''575'' vol. 2 n° 1 : [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n1p26 | http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n1p26]


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