575 - Revue de haïku

Revue trimestrielle de et autour du haïku.

Accueil - Retour au numéro


L'écriture de haïkus naît de l'observation directe.
Isabel Asunsolo (France) présenté par Serge Tomé

difficile de mourir
difficile de vivre --
lumière de fin d'été
Mitsuhashi Takajo

Ce tercet serait-il un haïku sans la dernière ligne ? C'est cette lumière, expérimentéephysiquement par son auteure (et non pas rêvée, j'en sui sûre !) qui justifie l'existence des deux premiers vers, leur donne une densité spéciale. S'il n'y avait qu'une caractéristique commune au ''haïku,'' ce serait le rôle joué par l'observation directe. Le haïku est un genre littéraire qui naît de l'observation de la vie. Le monde palpable - la sève de la vie - permet au lecteur d'atteindre l'impalpable, les sentiments ineffables.

Les sensations évoquées parlent au corps du lecteur d'abord, lui donnent à réfléchir. Le haïku peut marier le concret et l'abstrait, mais le concret ''précède'' l'abstrait. S'il n'y avait que du concret, nous aurions de la pure description. S'il y avait seulement de l'abstraction (cogitation intellectuelle, questionnements...) il n'y aurait plus d'univers haïku !

Quand j'écris, j'essaie de me laisser guider par mes sensations. Ce que je perçois physiquement fait taire mon imaginaire. Je donne le pouvoir à l'imagination née de mes cinq sens, comme une discipline. Curieusement, cette attention au monde m'aide dans mon écriture, même non haïku, même de fiction. Le texte est beaucoup plus fort s'il est habité par des images vues : le héron sur la barque rouge...

isabel Asúnsolo

Copyright Isabel Asunsolo, 2010