575 - Revue de haïku

Revue trimestrielle de et autour du haïku.

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Editorial
Meriem Fresson (France)

Décidément, non, je ne vous parlerai pas de la floraison des cerisiers ! Mais cela ne m'empêchera pas de vous parler de météorologie, de fragilité et de fleurs.

Vous avez pu voir au fil du temps dans les pages de ''575'' quelques haïbuns accompagnés d'images : par exemple sous le pinceau d'anna pour clore son haïbun écrit avec Monika Thoma-Petit [http://575.tempslibres.org/docs/v03n4MTPsouviens.pdf | ''Je me souviens'']'','' sous le crayon vagabond de Paul de Maricourt dans[http://575.tempslibres.org/docs/v02n4PdMCroixSud.pdf | ''La Croix du sud'']'', ''ou encore l'appareil de Monika Thoma-Petit dans son [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n2p12 | Récit de voyage] ou son [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v02n2p13 | Retour au pays] (dans lequel la photo constitue même le troisième ku du dernier poème). Si une véritable forme mêlant haïbun et images à la manière du haïga n'existe pas encore, les auteurs de haïbuns se plaisent cependant à évoquer d'autres formes artistiques dans leurs textes.

Jean Antonini, dans ce numéro de printemps, réfléchit entre autres sur le processus de création à travers le prisme de l'œuvre de [http://images.google.com/images?oe=UTF-8&sourceid=navclient&gfns=1&q=Jan+Dibbets&um=1&ie=UTF-8&ei=1tCkS8SsFZWh4QamnbSLCg&sa=X&oi=image_result_group&ct=title&resnum=1&ved=0CBQQsAQwAA | Jan Dibbets ]dans son [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v04n1p21 | Haïbun 45] nommé, comme un tableau, par un numéro.

André Cayrel partage régulièrement avec nous son ressenti sur des œuvres comme les photographies de [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n4p12 | Steve Mc Curry], ou la peinture de [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v03n1p03 | Rothko]. C'est cette fois sur un mode humoristique et autour d'un artiste anonyme qu'il s'interroge : j'ai nommé le mystérieux « [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v04n1p18 | artiste de Font-de-Gaume] ». Remontant le fil du temps pour un haïbun au thème préhistorique, il relie d'un coup de plume l'instant d'hier à celui d'aujourd'hui.

Paul de Maricourt, à mi-chemin entre les ancêtres et l'enfant, s'en va regarder les vieilles pierres, dont le temps efface peu à peu les rides. Un bouquet de[http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v04n1p19 | roses de février]à la main, le voilà qui suit le panache blanc de ses aïeux au fond du terrier. Vite vite, rattraper le temps qui s'enfuit...

… pour rejoindre à l'autre bout l'île de Danièle Duteil, qui nous peint dans la tempête une leçon d'impermanence. Une Ré sans soleil où le mouvement violent de [http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v04n1p20 | la pointe des ][http://575.tempslibres.org/aphp/page3.php?page=v04n1p20 | cyprès]stoïques au vert immuable a remplacé la quiétude que procurait leur légère oscillation familière.

Sous ce ciel sombre, même les plumes couleur de sel du cygne s'obscurcissent, et dans les vides nettoyés par les éléments, reste la trace des mots que l'on a soudain envie d'écrire, de reconstruire. Chère lectrice, cher lecteur, parce que le kyôbun ci-dessous parle de vous, je le place en exergue afin que vous l'ayez en tête durant votre découverte de ce numéro, dont je vous souhaite bonne lecture !

Meriem Fresson
Kyôbun au cygne noir

  §d’un côté §le sac de plastique blanc §de l’autre §le cygne noir   Au lecteur (du haïku)de recomposer (à sa manière) la scènedont l’auteur (ne) donne(que) quelques éléments.  

Daniel Py, 8 février 2010

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