575 - Revue de haïku

Revue trimestrielle de et autour du haïku.

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Editorial
Meriem Fresson (France)


Dans un temple qui date
de mille trois cents ans
il est
sept heures moins sept

Abbas Kiarostami
Le Loup aux aguets (Note1)



Automne, le temps s’est écoulé et il est loin déjà le goût de l’auguste cerise. La saison enflammée semble propice à l’évocation de la mort et les gisants modernes répondent aux ''jisei'''' (Note 2)''antiques dans les textes que vous pourrez bientôt lire dans la nouvelle version de ''575''. Les souvenirs fantomatiques pourraient bien venir vous visiter, quelqu’un, et puis personne, ''La Mystérieuse''. Pas tout à fait mort non plus, ''575'' n’en est pas moins, après deux années d’existence, à l’heure du bilan. Dominique Chipot a su s’en apercevoir et a partagé avec nous une petite analyse, d’abord faite par curiosité propre, des haïbuns publiés depuis le premier numéro. Elle dépasse, et c’est heureux, le seul cadre de la revue. Je dois moi-même avouer ma surprise (agréable, cela va sans dire) devant le total de haïbuns auxquels la communauté du haïku a donné une tribune.

J’ajouterai à cette courte étude que la longueur du haïbun est en partie liée, pour ''575'', au média web, qui n’est pas propice à une lecture longue. Ces 86 haïbuns ont par ailleurs été écrits par 25 auteurs (13 femmes et 12 hommes) : je formule le vœu que ces rangs s’élargissent encore. Il serait intéressant, pour prolonger cette analyse, d’interroger les auteurs afin de savoir, lorsque le haïbun n’en comporte qu’un, si l’écriture du haïku s’est faite avant ou après la prose. Nous pourrions alors peut-être établir un lien avec le chiffre de 73 % des haïkus en position finale.

L’article de Dominique Chipot signale le recueil de haïbun publié par les éditions L’iroli à partir des textes sélectionnés dans le cadre du 1er concours organisé en France autour de ce genre. Le haïbun court s’invitera encore une fois dans les livres pour le concours de cette année, qui aura pour thème : « Quel animal ! ».

Mais le livre de L’iroli ne sera pas la seule occasion d’être publié en 2011. Comme annoncé dans l’éditorial du numéro précédent, j’envisage cette année de me consacrer à la publication de mon mémoire de master 2 en Littérature générale et comparée portant sur le haïbun (2004-2005), mais je souhaite pouvoir continuer à vous accompagner dans la pratique de cette forme, comme j’ai tenté de le faire jusqu’ici. Afin de pouvoir y intégrer davantage vos impressions et questions, la suite de cette rubrique prendra la forme d’un blog. Les textes reçus seront donc partagés avec vous au fur et à mesure. L’objectif n’étant pas de faire de ce support un journal intime, mais plutôt un espace de lecture, d’information et d’échange sur le haïbun. Pour les amoureux du papier, les textes seront peu à peu ajoutés au format .pdf que j’envisage de rendre consultable au sein du blog ou en dehors via une plate-forme du type ISSUU.

N’hésitez pas alors à m’écrire pour me faire part de vos réactions à ce nouvel outil, de ce que vous aimeriez conserver, de vos envies et idées pour la suite, pour le début de l’''et cætera''.

Pour me contacter : revue575.haibun@gmail.com

« Un poète de l’ère Tang disait : “on appelle phrase morte, une phrase dont le langage est encore du langage. Une phrase vivante est celle dont le langage n’est plus langage (Note3)”. » Quand la lumière baisse, quel que soit votre sujet, noir, gris, blanc, rouge, marron, doré, je vous souhaite d’écrire des haïbuns vivants.

je disparais volontiers
au milieu de la vague
de chaleur (Note 4)




Note 1 : éd. La Table ronde, trad. du persan Jean-Claude Carrière, Nahal Tajadod, [http://mimiclectik.canalblog.com/archives/2009/07/20/14327408.html | http://mimiclectik.canalblog.com/archives/2009/07/20/14327408.html]

Note 2 :[http://blogs.mollat.com/litterature/tag/haiku/ | http://blogs.mollat.com/litterature/tag/haiku/] dernière consultation le 08/10/2010.

Note 3 :Dernière production d’un poète ou d’un moine avant de mourir, il peut s’’apparenter à un testament poétique. Pour en lire en français, vous pouvez notamment consulter le blog de Daniel Py, [http://fr.wordpress.com/tag/poemes-de-mort/ | ''' ''Haicourtoujours'' ''']'''.'''

Note 4 :Shizan, trad. de Daniel Py, [http://haicourtoujours.wordpress.com/2010/02/08/poemes-de-mort-japonais-shisshiz-kaiga | http://haicourtoujours.wordpress.com/2010/02/08/poemes-de-mort-japonais-shisshiz-kaiga], dernière consultation le 08/10/2010.